Grève de la faim des anciens militaires et invalides : Déjà, cinq d'entre eux évacués à l'hôpital

Publié le par Souleymane

 Les anciens militaires invalides poursuivent toujours leur grève de la faim. Hier, cinq d'entre eux ont été évacués à l'hôpital. Jusque là, aucune autorité n'est venue à leur rencontre. Ils persistent à réclamer l'intervention du président de la République, seul habilité à régler leur problème.

Nous sommes à la maison des anciens militaires du Sénégal. Il est exactement 16 heures passées de quelques minutes. La rue est bondée de monde. Les gens vaquent à leurs occupations, comme à l'accoutumée. Une camionnette garée devant la maison attire notre attention. Elle est remplie d'hommes en tenue militaire, armés jusqu'aux dents.
En fait, la camionnette appartient au Groupement d'intervention mobile (Gim) car elle porte son effigie. Devant la porte principale de la maison des anciens combattants, des éléments du Gmi montent la garde. Ils bloquent même le passage. D'autres font les cents pas tout autour du bâtiment. Leur présence s'explique par l'événement du jour : la grève des militaires invalides qui ont tenté d'organiser une marche avant-hier. Marche qui a été réprimée par les forces de l'ordre qui s'en sont prises à ceux-ci. Cette « armée » qui leur porte un œil attentif ne les intimide nullement. Réunis de l'autre côté du bâtiment, couchés à même le sol, le regard affamé, ils devisent tranquillement, réfléchissant tout haut à l'attitude à adopter.
La grève de la faim a commencé à faire ses effets. Très accueillants, ils nous invitent à les rejoindre dès notre entrée, nous mettent à l'aise avant de répondre avec gaieté de cœur à nos questions. Issa Gueye, le président de l'association, nous fait le point depuis le début des événements : « Tout a commencé hier. Nous avons voulu organiser une marche pacifique, mais les forces de l'ordre s'y sont opposées. Ils nous ont tabassés, nous ont brutalisés. Plusieurs personnes ont été blessées, il y en a qui ont subi une opération ».
Il n'a pas fini de parler qu'un des leurs arrive avec des papiers administratifs délivrés par l'hôpital. Le monsieur, un jeune homme à l'œil gauche enflé. Il porte les traces des coups reçus hier. Selon le diagnostic du médecin traitant, il s'en est sorti avec une fracture déplacée des Opn, fracture de l'orbite, avec un arrêt de travail de 21 jours. Ahuri, il exhibe le boubou qu'il portait hier comme pour justifier les coups reçus. Un boubou tâché de sang. Tout ceci ne dissuade nullement les 25 grévistes de la faim, décidés à en découdre avec le gouvernement : « Nous ne reculerons pas.
Nous irons jusqu'au bout. Si l'on ne nous satisfait, nous continuerons la grève », lance le président qui poursuit : « Nous réclamons nos droits : pension d'invalidité, prise en charge médicale» . «Nous tenons à obtenir gain de cause », martèle-t-il. Le seul interlocuteur avec qui ils souhaitent s'entretenir, c'est le président de la République, seul habilité à résoudre le problème. Pourtant, le président du Conseil de la République pour les affaires économiques et sociales s'est manifesté, il était prêt à les rencontrer mardi, une invite qu'ils ont refusée, arguant : « Nous ne quémandons pas, nous ne demandons pas de faveur, nous voulons juste l'application de la loi ». Quoiqu'il en soit, même s'ils en mourront, ils sont déterminés à obtenir gain de cause.
 

 

Source : Le Matin

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